Que devrions-nous nous attendre de l'année 2017 ?

Date de publication : 24-01-2017  

    Une année s’achève et une autre en prend la relève. C’est le moment de faire l’inventaire des réalisations de l’année écoulée et d’établir les perspectives de la nouvelle. Beaucoup diront que l’année écoulée n’a pas été au niveau des espérances. Si l’année 2015 avait, déjà, battu tous les records en matières de réchauffement de la terre, des déplacements des populations en raison des guerres, des suppressions d’emplois et j’en passe, l’année 2016 n’a nullement été meilleure, voire elle a été pire. Les conflits meurtriers n’ont fait que se multiplier et se généraliser à travers le monde et deviennent de plus en plus destructeurs. La barbarie, sans précédent, a transformé des villes entières, jadis très florissantes, en des villes fantômes. Les valeurs humaines de solidarité, de l’amour de son prochain et du vivre-ensemble n’ont jamais atteint un niveau aussi bas que ce que nous avons vécu cette année. La dévalorisation de l’être humain n’a fait que s’accentuer. Persécuter l’autre, le discriminer ou s’en débarrasser parce qu’il est différent, est en passe de devenir la règle et non l’exception. Le caractère sacré de la vie humaine cède de plus en plus la place à la banalisation du meurtre. Il suffit uniquement de coller la bonne étiquette à sa victime.


    L’année 2016 ne nous a pas quittés avant de céder les clés de la destinée du monde à des personnes très peu soucieuses des valeurs humaines dont nous avons mentionné auparavant la régression et la décadence. Si le mur de Berlin est rentré dans le musée de l’histoire depuis plus de 25 ans déjà, les nostalgiques de nos jours, appartenant eux-mêmes à un autre âge, s’apprêtent à en ériger d’autres. Les mexicains, derrière le mur ! Les cubains à la mer ! Les musulmans, aux frontières ! D’ailleurs, ce vieil homme, très orgueilleux, fait-il la différence entre arabe et musulman ? Ou même, fait-il la différence entre un américain et non américain ? Il s’oppose à tout.

    En tous cas, les prémisses d’un régime largement autoritaire et répressif, essentiellement à l’égard des minorités et de tout ce qui est différent de la classe dirigeante, ne laissent guère de doute quant à l’avenir désastreux du monde, durant les prochaines années. Les mouvements violents, longtemps en hibernation qu’on pensait réduits en poussière et enterrés à jamais, reprennent vie et même de la vigueur et recommencent à exhiber leurs griffes.




    Jamais un président des USA n’a été si contesté avant son entrée en fonction ou conspué par des manifestants durant son investiture. Quel avenir attend le monde avec la prise de pouvoir d’un président qui n'inspirait aucune confiance dès l’annonce de sa candidature et qui avait annoncé la couleur de son règne, dès son entrée en compétition ? Cependant, son élection avait eu lieu en connaissance de cause.

    Mais, d’un autre coté, le monde va-t-il regretter le président Obama, après son départ de la Maison Blanche ? Celui-ci était-il meilleur que son successeur ? Il est clair qu’il est trop tôt pour l’affirmer malgré les déclarations incendiaires du nouveau président, durant sa campagne électorale et malgré le désastre du monde légué par l’ancien. Cependant, ce qui pourrait être dit en faveur du président sortant c’est qu’il était beaucoup plus sympathique et plus modeste que le nouveau. Il était, en outre, plus prêt du peuple et de ses préoccupation. Néanmoins, reste à savoir si après la prise de pouvoir et la vue de la réalité en face, le président gardera-t-il toujours les mêmes fantasmes que lorsqu’il sollicitait les voix des électeurs pour accéder à la magistrature suprême ? Rien n’est moins sûr.



    Donald Trump, le nouveau président des Etats-Unis
    investi le 20 janvier 2017.
    Il s'attaque à un journaliste de CNN.


    Combien de candidats avaient promis à leurs électeurs monts et merveilles et « job ! Job ! Job ! », par exemple, pour finalement aboutir à « Drop ! Drop ! Drop ! ». La création d’emplois s’est trompée de sens et a pris le sens inverse, une simple erreur d’orientation, dirait-on, qui a abouti à la perte de l’emploi existant plutôt que d’en créer de nouveaux.

    Réalisant les conséquences d’un quinquennat désastreux, François Hollande a préféré faire un geste noble de ne pas se représenter pour un nouveau mandat, un geste, en tout cas, beaucoup plus noble que celui prétendu de la sorte par certains mandataires contraints à la porte de sortie par des malversations au sein de leurs fonctions ou que ceux contre lesquels d'autres mandataires pris en flagrant délit se débattent comme des diables pour s'en échapper.

    Les promesses du candidat Obama lui avaient rapporté, au début de son premier mandat, le prix Nobel de la Paix, un prix pour lequel il s’était, très vite, révélé indigne. L’espoir de restauration de la paix et de la sécurité dans le monde après l’anarchie créée par son prédécesseur ou le soutien attendu aux peuples pour l’instauration de régimes démocratiques, entre autres, ont été oubliés dans les fonds des tiroirs du bureau ovale. Le soutien de son administration aux régimes peu soucieux des droits de l’homme ou de la démocratie est resté indéfectible.

    Le tristement célèbre camp de Guantanamo, l’un des symboles phares du régime tortionnaire et terroriste de Georges W Bush est toujours ouvert et promu même à des jours meilleurs. La guerre qui était confinée à l’Irak et à l’Afghanistan, s’est répandue à toute la région et même au-delà. Le conflit israélo-arabe n’a connu que des ratés. Le spectre d’un état palestinien, à côté d’un état juif comme prévu par l’ONU lors du partage du pays entre les 2 communautés en 1947, s’éloigne de plus en plus. Aucun développement positif n’a pu voir le jour durant les 2 mandats du président. « The new beginning » prononcé au Caire le 4 juin 2009, est resté sans suite.






    Barack Hosseyn Obama, le président des Etats-Unis entre 2009 et 2016.
    Il quitte la maison blanche le 20 janvier 2017.

    Finalement, l’échec de l’administration sortante sur ce dernier point précisément est sorti au grand jour, le 23 décembre 2016, avec la non utilisation de son droit de véto, lors de la condamnation du Conseil de Sécurité de l’ONU de la poursuite de la colonisation sauvage des terres palestiniennes, une colonisation contraire à toutes les lois et à tous les traités internationaux. Le discours du Secrétaire d’Etat, Kerry, dans lequel il présentait les raisons de l’absence de son opposition à cette condamnation, est venu jeter encore plus de discrédit sur cette administration sortante.

    Le chef de la diplomatie américaine apparait comme un petit ouvrier désemparé, perdu dans ses remords et ses désespérances, auditionné par son employeur autoritaire pourquoi ne s’était-il pas opposé à la vérité, même si celle-ci devait crever les yeux, afin de protéger les intérêts de ses chefs. De son argumentation pitoyable, il ressort que cette administration moribonde était celle qui avait accordé le plus de soutien (38 milliards de dollars en septembre 2016) à l’état sioniste lui permettant ainsi de poursuivre sa colonisation des terres palestiniennes et de continuer à intimider ses voisins avec son armement sophistiqué et à mener sa politique raciste à l’encontre des véritables propriétaires des terres, une politique désapprouvée et condamnée par la quasi-totalité de la communauté internationale .



    2016, c’était tout ça et plus. C’est la raison pour laquelle certains vont jusqu’à maudire ou injurier cette année-là. Cependant, faire de la sorte témoigne d’un manque manifeste de conscience et de sens de responsabilité. Jeter sur le temps la responsabilité de ses échecs et lui faire supporter les causes de ses malheurs alors qu’il n’est qu’une enveloppe ou un récipient dans lequel les évènements, tant heureux que malheureux viennent se ranger, est complètement insensé. Il n’est qu’un contenant de ces évènements et non leur auteur. C’est dans ce sens que l’Islam rejette cette attitude injuste à l’égard du temps et le prophète de l’Islam de nous rapporter de Dieu, les paroles suivantes :


    « Le fils d'Adam Me nuit lorsqu'il insulte le temps alors que je suis le temps.
    Tout est dans Ma main, Je fais suivre la nuit au jour »


    « Je suis le temps » veut dire « Je suis le Créateur du temps » et le temps ne fait rien de lui-même. Si un malheur a lieu, le coupable n’est nullement le temps durant lequel il se passe, mais bien les personnes qui sont à l’origine de ses causes. C’est en ce sens que le Coran souligne ceci :



    "وَمَا أَصَابَكُمْ مِنْ مُصِيبَةٍ فَبِمَا كَسَبَتْ أَيْدِيكُمْ"

    "Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis."




    Si Donald Trump fait trembler le monde avec ses menaces et surtout en les réitérant lors de son investiture, c’est qu’il se sent fort d’être élu par le peuple américain d’une manière tout-à-fait démocratique. Son élection n’aurait pas été possible si la majorité du peuple n’adhérait pas à ses thèses racistes et protectionnistes. Si les guerres ainsi que leurs conséquences destructrices ont pu s’étendre davantage c’est parce que notre monde vit dans l’immoralité extrême et l’humanisme qui aurait dû l’épargner de commettre les atrocités que des populations entières subissent quotidiennement, a fini par céder le terrain à un matérialisme abject qui ne connaît plus que l’intérêt, l’égoïsme et le repli sur soi. Si le réchauffement de la terre ne fait que passer d’un record à un autre c’est que l’inconscience humaine, l’insouciance et l’absence de l’engagement sérieux pour la protection des ressources de notre planète battent leur plein. Enfin, si la pauvreté ravageuse gagne de plus en plus de terrain en décimant des millions de personnes chaque année, à travers le monde, c’est parce que les gestionnaires des richesses de notre planète jouissent d’une immoralité sans limite. Ce n’est pas un hasard que le premier acte pris par le nouveau président américain a été de s’attaquer à l’un des rares acquis obtenu par la population pauvre, de la présidence d’Obama, à savoir la couverture des soins de santé, communément connue par l’ « Obama care ».

    Comment expliquer, selon OXFAM, la détention de 8 personnes parmi les plus riches du monde d’une richesse équivalente à celle détenue par la moitié de l’humanité ? Sur une échelle plus réduite, comment comprendre la volonté du groupe bancaire ING de supprimer des milliers d’emplois et mettre plusieurs centaines de familles dans la précarité, non pour raison de faillite ou de pertes financières mais afin d’augmenter les bénéfices des investisseurs ?




    Attention à la contrefaçon !
    Soyons vigilants !

    Avoir une bonne année 2017 ne pourrait s’arrêter au simple souhait, mais celle-ci devrait se construire au fur et à mesure que l'on avance dans le temps. Le souhait devrait sous-entendre et s’accompagner de l’investissement nécessaire dans le changement, dans la promotion des valeurs sociétales reconnues, partant du respect de la vie humaine, à la justice, à l’égalité, à la solidarité et au vivre-ensemble, des notions qui, avec le temps, ont fini par succomber aux attaques tous azimut d’une éducation matérialiste, sans foi ni loi et qui ne glorifie que le plus fort. Celle-ci n’a fait produire que désolation sur désolation.

    Un engagement sérieux est nécessaire de la part de chacun d'entre nous si nous
    sommes vraiment sincères dans notre souhait d’un avenir meilleur.


    Par notre engagement dans la voie de l’action concertée et organisée au sein des différentes collectivités et associations, nous pouvons prouver notre volonté à faire changer les choses et à faire triompher la paix et le bonheur dans le monde.

    Particulièrement pour les musulmans, qui sont les cibles privilégiées des extrémismes de tous bords et qui, en plus, font régulièrement l’objet d’accusations graves d’extrémisme et de terrorisme, ils ont le devoir de mettre la main à la pâte afin de garder vivantes leurs valeurs et d’œuvrer à la construction d’un avenir radieux, non seulement pour eux mais pour toute l’existence humaine. A défaut, le champ restera libre à tout prédateur sans scrupule qui ne trouve aucune gêne dans l’asservissement du restant de l’humanité afin d’assouvir ses fantasmes odieux. Votre absence de la scène et votre refus de participation à la construction de votre sort sont une aubaine pour les corrompus et les corrupteurs qui trouvent le champ fertile pour y semer leurs mauvaises graines. Ainsi, vous leur aurez permis de vous construire un idéal qui ne pourrait vous convenir. Après, il deviendra trop tard et ni vos protestations, ni vos lamentations ne seront d’aucun recours. D’ailleurs, dans de pareils cas, ne pourrait-on pas parler, purement et simplement, de complicité de la part des résignés n’ayant fourni aucun effort pour lutter contre les malheurs et les injustices qui les frappent?

    Aujourd’hui, l’Islam devient la vache à lait des extrémistes de tous bords pour acquérir des privilèges de tous genres, de promotion en grade ou de voix électorales, par exemples. Si les attaques dirigées par les mouvements de l'Extrême-droite sont plus franches, plus explicites et ne connaissent pas de détours, celles des autres formations ne sont pas moins virulentes et nuisibles, même après leur masquage de prétendue tolérance ou défense des droits des femmes ou autres mensonges, des masques qui, d'ailleurs, n'arrivent plus à rien cacher.Combien de personnes de bonne volonté, et non musulmanes-et elles existent toujours- n'ont-elles pas condamné, et à voix haute, telle ou telle hypocrisie, à l'égard de la communauté musulmane? L'Islam est clairement sur le banc des accusés, de même que son livre saint. L’élaboration d’un autre islam, plus acceptable par ses adversaires, made in France, made in Belgium ou made in Europe est déjà à l’œuvre. La contrefaçon s’étend, de nos jours, aux religions, et de la part de ceux-là mêmes qui interdisent la contrefaçon dans les autres domaines. Si mauvaise compréhension de l’Islam existe, notamment auprès des jeunes et elle est réelle, il est indispensable de trouver les moyens pour en rétablir le vrai visage.





    Ni l’extrémisme ni le terrorisme ni l’injustice ni le racisme ni la fainéantise ne font partie des valeurs de l’Islam. Ceci ne devrait être de simples paroles, mais nous avons le devoir de le prouver concrètement par notre action sincère et sérieuse au sein des sociétés dans lesquelles nous vivons. Nous avons le devoir de participer à toutes les activités utiles à la société sans pour autant nous désintégrer de nos valeurs islamiques. Il n’y a pas incompatibilité en la matière.

    Il est clair que pour encadrer toute cette activité, la mise en place de l’infrastructure nécessaire s’impose. Le Conseil Supérieur des Musulmans de Belgique cherche les moyens de s’investir dans cette mission et vous appelle à déposer votre pierre dans l’édifice en lui apportant votre soutien concret. Disposé(e) à apporter votre contribution, rejoignez nos rangs, en cliquant sur l’image ci-contre.



    Enfin, une bonne année 2017 se construit à partir de maintenant en prenant les bonnes résolutions qui s’imposent, celles des grands hommes et des valeureuses femmes qui refusent le fatalisme et l’inertie et qui sont toujours disposés à lutter contre l’immobilisme destructeur lequel ouvre les portes à tous les abus et principalement à l’encontre des minorités sans défense.

    En Å“uvrant ainsi, nous pourrons valablement nous souhaiter mutuellement
    Une bonne et heureuse année 2017, dominée par une paix durable et beaucoup de bonheur !

Auteur : Mohammed Said


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